Le bon sens dit qu’une jalousie modérée est bénéfique aux relations car elle fait en sorte que la cible de ce sentiment se sente valorisée. Et parce que c’est quelque chose de si commun dans les relations humaines, il est facile de dire que nous l’avons tous ressenti ou que nous avons été la raison de sa manifestation.

La jalousie est généralement considérée comme un aspect négatif dans tout type de relation. Qu’il s’agisse de jalousie dans une relation amoureuse, ou dans la relation entre amis ou même entre parents et enfants, ce sentiment apparaît généralement à un moment donné de la vie, mais parfois il n’est pas mauvais.

Il existe certaines situations dans lesquelles la jalousie peut être saine et sert même à renforcer la relation. Il faut cependant veiller à ce qu’il ne se transforme pas en quelque chose qui provoque des perturbations, voire des dérangements.

Si cela se produit, il sera nécessaire de consulter un psychologue qualifié et de trouver des moyens de normaliser la situation.

Y a-t-il une jalousie saine ?

La réponse est directe : elle existe.

La jalousie saine se confond avec une certaine inquiétude et peut-être un excès de zèle, d’affection. C’est un sentiment qui fait que l’autre se sent valorisé et important dans une relation monogame, par exemple.

Ce sentiment apparaît surtout lorsque la relation, pour une raison ou une autre, est menacée, et une jalousie modérée peut alors être interprétée comme une façon de montrer que la relation est importante et qu’il y a une crainte de la compromettre.

En outre, la jalousie, dite saine dans certains cas, peut simplement être le reflet de problèmes d’estime de soi, de confiance en soi et d’insuffisance. Lorsqu’une personne ne se sent pas en sécurité ni avec elle-même ni avec sa relation, il est normal de se sentir menacé dans une situation qui conduit à la jalousie.

Jalousie normale ou pathologique ?

Même si la jalousie est si fréquente dans les relations entre couples, frères et sœurs, amis, parents, etc., la frontière est mince entre le comportement d’estime envers l’autre et la pathologie qui provoque divers problèmes. Il faut donc être attentif pour déterminer s’il est nécessaire de demander de l’aide.

Pour savoir quand ce sentiment a franchi les limites considérées comme saines, il faut observer si la routine de la personne jalouse a été perturbée par sa tentative de découvrir ce que l’autre personne fait constamment.

L’obsession qui apparaît dans l’esprit comme une méfiance à confirmer ou à écarter, peut entraver les performances professionnelles, la santé et même la relation avec les autres.

Perdre le sommeil à cause de ce que fait votre proche, passer des heures comme si vous étiez un détective derrière les pas de votre victime, appeler sans cesse pour savoir où se trouve la personne, vouloir contrôler tous les sentiments et comportements de l’autre, sont quelques-uns des signes qui montrent qu’il est temps de demander le soutien d’un professionnel.

Quand la jalousie crée des problèmes

Lorsque la jalousie dépasse le point acceptable et devient une obsession constante qui génère des bagarres, de la méfiance et des désagréments fréquents, elle peut devenir (très) problématique.

Lorsqu’elle revêt un caractère obsessionnel, la jalousie peut conduire à la paranoïa et à un sentiment de possession, qui ne font que nuire à ceux qui la ressentent et peuvent mettre la relation en danger, ainsi que nuire à la santé individuelle de ceux qui développent ces sentiments.

Dans certains cas, la personne peut n’avoir aucune raison réelle d’être jalouse, mais elle invente quand même des preuves pour soutenir son idée que la relation est en jeu. Dans ces cas, la jalousie peut devenir si irrationnelle que tout devient un motif de bagarres, de malentendus et de disputes.

La principale différence entre les deux degrés de jalousie est la façon dont nous traitons la situation dans laquelle ils se produisent.

Comment faire face à la jalousie

La première étape pour apprendre à gérer la jalousie est de comprendre d’où vient ce sentiment. Elle peut provenir de nos propres insécurités et, dans certains cas, n’avoir aucun lien avec des facteurs externes.

Dans ces cas, il est important d’apprendre à faire confiance – à la fois à soi-même et à l’autre. Travailler sur l’estime de soi est également essentiel pour devenir moins critique envers soi-même et pour pouvoir apprendre à “faire confiance à notre batte”.

Cependant, il est également important de pouvoir identifier quand la jalousie dépasse la barrière de la tolérance et devient obsessionnelle. Les crises de jalousie fréquentes et les accusations infondées entravent la dynamique saine de toute relation et rendent toute personne psychologiquement vulnérable à développer un certain type de trouble, qui peut affecter la vie dans ses domaines les plus divers.

La jalousie causée par le manque de confiance en soi et la faible estime de soi peut même apparaître au départ dans une relation amoureuse. Mais il est possible que le problème s’aggrave au point d’affecter la vie au travail, avec la famille et les amis.

Dans ces cas, il est essentiel de demander l’aide d’un psychologue qui aide à comprendre les racines de la jalousie, à identifier les causes du problème et qui peut présenter de nouvelles façons d’envisager la situation, en traitant le problème de la manière la plus appropriée.

Comment la psychologie peut-elle aider une personne jalouse ?

Roland Barthes, dans son livre Fragments of a Loving Speech, dit que “…en tant qu’homme jaloux, je souffre quatre fois : parce que je suis jaloux, parce que je me reproche de l’être, parce que je crains que ma jalousie ne blesse l’autre et parce que je me laisse dominer par une banalité. Je souffre parce que je suis exclu, parce que je suis agressif, parce que je suis fou et parce que je suis ordinaire”.

Ce contexte explique bien le sentiment présent dans la vie de la personne qui souffre de ce mal. L’angoisse, le manque de concentration, la difficulté à distinguer ce qui se passe réellement de ce qui est imaginaire, la culpabilité, les reproches, l’insécurité, la peur, entre autres, peuvent être des sentiments ressentis par le déploiement de la jalousie.

Et dans des cas tels que ceux mentionnés, il faut demander l’aide d’un psychologue. Ce thérapeute va, avec le patient, rationaliser la jalousie et vérifier à quel point ce sentiment a limité la vie de ceux qui le ressentent.

Elle examinera également l’ensemble des personnes analysées afin de déterminer si ce comportement n’est pas le symptôme d’autres pathologies telles que le trouble obsessionnel compulsif (TOC), le délire, etc.

Il est à noter que dès que des problèmes découlant de ce sentiment sont identifiés, il faut chercher un thérapeute. Espérer que l’ampleur de ce comportement s’accroîtra pour demander de l’aide peut avoir de nombreuses conséquences négatives pour l’individu.

Et en initiant des séances de thérapie, la psychologie l’aidera à se percevoir dans le contexte dans lequel il vit, à se mettre à la place de l’autre et à essayer d’agir de manière à ne pas nuire à l’un et à l’autre, ce qui diminuera par conséquent l’impact destructeur de la jalousie sur la vie d’une personne.